Course du Vignemale 2013 : le compte-rendu

En juin 2013, les inondations ont mis à mal la route d’accès à Cauterets.

A tel point que l’on se demandait, quelques jours avant la Course du Vignemale, si elle pourrait avoir lieu. C’était sans compter sur la motivation des organisateurs, qui ont obtenu que la route soit complètement ouverte le temps d’un week-end, permettant ainsi aux 650 inscrits, et à leurs accompagnateurs, de participer à cette course mythique.

Les faces Nord du Vignemale (Photo S Fayard)

Les faces Nord du Vignemale (Photo S Fayard)

Organisée à cinq reprises au siècle précédent, dont la première fois en 1904, la course du Vignemale consiste, pour faire simple, à partir de Cauterets (932 m), monter au Vignemale (3298 m et plus haut sommet des Pyrénées françaises) par la vallée de Gaube, et en descendre par la vallée du Lutour. Le tout agrémenté de névés, glacier (et oui, il nous en reste encore quelques-uns dans les Pyrénées) et d’un peu d’escalade à la fin! Bref, du costaud!

Et certains ont dû se demander ce qu’il faisaient là quand on leur a fait une formation de progression sur cordes statiques le vendredi soir, une cordelette et deux mousquetons ayant été attribués à chaque coureur.

Samedi 06 juillet à 08h, c’est le grand départ place de la mairie, après l’habituel briefing dynamique et musclé du président du Club Athlétique du Vignemale, Alain Larroudé. Le départ, initialement prévu à 07h, a été retardé d’une heure pour permettre à la neige de ramollir un peu.

Un peu de stress avant le départ Thomas? (Photo S Capou)

Un peu de stress avant le départ Thomas? (Photo S Capou)

Le ciel est complètement dégagé, mais le soleil tape déjà fort dans les montagnes et un léger vent sec et chaud nous vient de chez nos voisins du Sud…

Le peloton des favoris se détache déjà (Photo S Capou)

Le peloton des favoris se détache déjà (Photo S Capou)

La première section, jusqu’au Pont d’Espagne, se fait en partie sur route goudronnée. Le peloton s’étire et le groupe de tête se réduit peu à peu. Au passage du Lac de Gaube (1730 m), suite à la vraie première montée, Michel Rabat passe déjà en tête avec un léger écart sur Guillaume Beauxis. Le peloton de tête a explosé!

Michel Rabat déjà en tête au lac de Gaube (Photo S Capou)

Michel Rabat déjà en tête au lac de Gaube (Photo S Capou)

Sur la route des Oulettes (Photo S Fayard)

Sur la route des Oulettes (Photo S Fayard)

L’arrivée au refuge des Oulettes est exceptionnelle : le temps est magnifique et le soleil vient lécher les faces Nord du massif. Certains profitent du spectacle, d’autres n’osent pas porter le regard sur ce qui leur reste à accomplir.

A partir d’ici, la neige est omniprésente jusqu’au sommet. Et l’ascension du chemin du centenaire, qui relie les Oulettes à la Hourquette d’Ossoue (2734 m), se fait dans une ambiance sympa, au milieu des cloches et des vuvuzelas, et des premières cordes fixes… C’est ce chemin du centenaire que Nicolas Darmaillacq choisit d’ailleurs pour entamer sa remontée : absent des cinq premières places jusqu’ici, il passe troisième à la Hourquette, juste derrière Guillaume Beauxis.

Le chemin redescend ensuite jusqu’au refuge de Baysselance où se trouve la première barrière horaire : pour passer, il faut faire moins de 03h30, et beaucoup (plus de 200 concurents) se font recaler à cet examen. Si cette barrière est critiquée par certains, elle est parfaitement justifiée : il ne s’agit pas de laisser des gens errer jusqu’à la nuit sur un glacier et le plus dur du circuit reste à venir…

Car en effet, après le refuge de Baysselance, on redescend encore un peu, puis on remonte une moraine bien raide avant d’attaquer le glacier. Le glacier a pris le soleil depuis bien longtemps lorsque les coureurs arrivent (il est orienté plein Est) et la neige est bien molle. On sent qu’on va passer un bon moment de galère. M Rabat est toujours en tête et N Darmaillacq a dépassé G Beauxis pour la deuxième place. Chez les filles, Sandrine Prissé parait un peu moins souveraine que d’habitude et elle est suivie de pas très loin par Agnès Francastel et Claire Bataillès.

A la fin du glacier se profile bientôt la dernière partie de montée : un escalade sur cordes fixes. Si pour les premiers çà passe bien, un bouchon ne tarde pas à se créer et les cailloux volent parfois (tiens, la prochaine fois, il faudra intégrer à la formation de progression sur cordes fixes le fait de prévenir ses petits copains lorsqu’on fait tomber un caillou…).

Le bouchon à la fin du glacier, avant la partie en escalade (Photo S Fayard)

Le bouchon à la fin du glacier, avant la partie en escalade (Photo S Fayard)

 L’arrivée au sommet est fabuleuse, avec une vue bien dégagée sur toute la chaine.

Oh la belle vue vers l'Est. Sur le droite, le glacier d'Ossoue, et vers le milieu, la Hourquette d'Ossoue, Baysselance et le Labas (Photo S Fayard)

Oh la belle vue vers l’Est. Sur le droite, le glacier d’Ossoue, et vers le milieu, la Hourquette d’Ossoue, Baysselance et le Labas (Photo S Fayard)

Mais déjà il faut redescendre : la désescalade en cordes fixes, la descente du glacier et puis… et puis la montée au col du Labas via le refuge de Baysselance! Et là, ce n’est plus une partie de plaisir : même si la montée fait moins de 200m, il fait chaud, c’est raide, et beaucoup de coureurs sont très entamés. Devant, les classement sont établis pour les garçons, même si G Beauxis, un temps rejoint par F Nabias, aura un peu peur pour le podium… Chez les filles, S Prissé réussira encore à creuser un peu l’écart alors que C Bataillès parviendra à prendre la deuxième place à A Francastel.

Le passage au col du Labass (2714 m) signale la vraie fin des parties montantes : il s’agit maintenant de filer dans la vallée. Et la neige, qui descend jusqu’à l’embranchement du Col d’Arraillé, donne un coup de main phénoménal aux coureurs. Entre le col du Labas et le Lac d’Estom (moins de 4 km et 900 m de dénivelé), les premiers mettent 10 minutes de moins qu’en 2012 pour la course du Petit Vignemale : la neige, c’est mieux que les cailloux! Certains skient, d’autres s’agripent à la corde fixe, d’autres se brûlent les fesses… Chacun y va de sa technique.

La descente sour le Col du Labas (Photo J Alauzy)

La descente sour le Col du Labas (Photo J Alauzy)

L’arrivée en vue du Lac d’Estom signifie la fin de la neige, des parties vraiment techniques, le début de la vraie chaleur et des longs chemins de retour vers Cauterets.

Un petit plongeon dans le Lac d'Estom? (Photo S Fayard)

Un petit plongeon dans le Lac d’Estom? (Photo S Fayard)

Il reste encore plus de 10 kilomètres à parcourir pour moins de 900 m de dénivelé. Heureusement que les encouragements sont nombreux sur cette portion!

Sandrine Prissé, première féminine, déroule au dessus de la Fruitière (Photo M Pont)

Sandrine Prissé, première féminine, déroule au dessus de la Fruitière (Photo M Pont)

Un dernier ravitaillement à La Fruitière (1371 m), puis on plonge dans la forêt et on finit par le chemins des pères, le pont du Lutour ayant été quelque peu tordu par les inondations. La plongée finale sur Cauterets, sur fond de sono égrenant les arrivées des coureurs, motive à accélérer et c’est surprenant la vitesse à laquelle peuvent terminer ceux qui ont mis 5 heures, comme ceux qui en ont mis 10!

Michel Rabat sur la ligne d'arrivée (Ph C Bonnaud)

Michel Rabat sur la ligne d’arrivée (Ph C Bonnaud)

L’histoire retiendra que Michel Rabat ne rentre pas dans les dix meilleurs performeurs du Grand Vignemale et que Sandrine Prissé détient désormais le record féminin.

Après l’arrivée, massage, bain bouillonnant aux Bains du Rocher et repas sont là pour aider les organismes à mieux se remettre.

Et c’est déjà fini, en espérant que la première édition ne sera pas pour dans 22 ans!

Pour conclure ce petit compte-rendu,  je voudrais rendre hommage à tous les bénévoles qui se sont accrochés à l’idée de faire revivre cette course mythique qui, je l’espère, aura plu aux participants, mais aura également remonté le moral des cauterésiens le temps d’un week-end.

Le pays a été durement touché voici quelques semaines, et même si “c’est pire ailleurs”, certains ont perdu leur maison et l’économie local est très éprouvée par les problèmes d’accés.

2 réflexions au sujet de « Course du Vignemale 2013 : le compte-rendu »

  1. Tout simplement GRAN-DIO-SE !!!
    Un très grand merci aux organisateurs pour leur motivation, merci aux guides de Cauterets pour les 3km 400m des cordes fixes qui nous ont permis d’atteindre le sommet du Vignemale, merci aux bénévoles pour leur accueil chaleureux.
    Maciej

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